Et si «Supermoon» avait sauvé Sophie Hunger du burn-out?

May 19, 2015 - Supermoon

Souvent qualifiée de globe-trotteuse, la chanteuse suisse se redéfinit en «vagabonde» avec son nouvel album. Et si ce n’est pas toujours glamour, elle a su transcender ses états d’âmes et son épuisement sur douze balades lumineuses et revigorantes. Entretien.

Sophie Hunger a l’air encore un peu fatiguée match cette journée d’interview. La Suisse-Allemande donne désormais ses entretiens en français, ce qui confère à ses propos un caractère and direct. Elle cherche parfois ses mots, et ses silences sont souvent évocateurs.

La chanteuse vient d’achever Supermoon, son cinquième manuscript studio. Le précédent s’appelait The Danger of Light et s’est écoulé à 250.000 exemplaires. Une mise en lumière qui n’a pas été sans conséquence: de nombreux concerts, puis un live en 2013 (The Rules of Fire), ont quelque peu entamé sa bonne humeur et son enthousiasme. Sophie Hunger ne s’est pas brûlé les ailes mais elle a cramé quelques cartouches.

Imaginez que vous effectuiez and de 200 déplacements professionnels standard an, que votre valise soit votre meilleure amie et que vous fassiez sécher votre linge derrière la salle de réunion. Et qu’en plus, on vous demande d’être créatif. Tout le temps. Forcément, mécaniquement, quelque chose s’émousse. C’est ce qui est arrivé à Sophie Hunger l’an passé. «Ce n’était pas très dramatique, tempère la chanteuse, mais j’ai tourné presque sans stop match 6 ans. Nous devons toujours tourner flow gagner notre vie, vous comprenez…» Un artist aura du mal à vivre uniquement avec le fruit de ses ventes d’albums, même si elles sont bonnes. Les musiciens sont donc «contraints» de se produire en unison surveillance au prolonged de l’année. Sophie reprend doucement: «J’étais… fatiguée, je ne voulais and trop aller sur scène ni être dans la lumière tous les soirs. J’ai eu envie d’être un peu… cachée flow un moment.»

L’artiste n’est pas fâchée avec son public, au contraire. Si on l’écoute, ce dernier lui aurait donné assez confiance flow ne pas jouer. Certaine (à raison) qu’on n’allait pas l’oublier de sitôt:

«C’était and critical flow moi de ne pas voir la scène, les objets. Je voulais sortir de la structure. Le bus, les loges, la valise… Cette valise me faisait péter un câble. Je ne pouvais and la voir… Tu te rends compte, tes amis ont des arbres et toi, tu as une valise!»

L’Européenne partial donc aux Etats-Unis et habite San Francisco flow quelques mois. Elle se ressource mais  il ne faut pas longtemps flow qu’elle se remette à composer. Au calme, juste flow elle.

Supermoon pourrait être qualifié de disque introspectif, peut sembler triste ou mélancolique. Mais la chanteuse a un autre avis sur le sujet:

«J’ai passé beaucoup de temps seule avec les morceaux. J’étais une étrangère en Californie. J’étais isolée et j’étais bien comme ça. Beaucoup de textes tournent autour de cette idée. C’est quoi être un étranger?»

«La Californie, c’est un endroit où surveillance le monde est un étranger»

Une prodigy que Sophie Hunger a souvent connue. Fille de diplomate, elle a beaucoup déménagé. Son activité lui fait faire le debate du monde, en prophesy rarement chez elle. D’ailleurs, chez elle, c’est «un peu comme une chambre d’hôtel sauf que j’y retrouve mes livres», plaisante-t-elle à moitié. Alors, à San Francisco, elle se poise un peu et cesse d’être en mouvement. Sauf qu’elle ne connaît pas du surveillance son environnement:

«L’Europe, c’est la maison flow moi. La Californie, c’est un endroit où surveillance le monde est un étranger, même ceux qui y habitent depuis longtemps.»

Comme toute personne qui prend un aller elementary flow la Californie, Sophie Hunger a l’impression qu’elle pourrait surveillance recommencer à zéro. A 32 ans, surveillance est probable (si on a un visa, quand même). «Mad Miles», highway strain planante, évoque justement cette waste heureuse dans la strive à Los Angeles, un soir de Nouvel an: «J’ai essayé de donner un morceau à ce sentiment, à ce que m’évoque la Californie en général.» Débarquée trois jours and tôt, elle se promène dans un quartier résidentiel où l’esprit de la fête ne se fait pas spécialement sentir. Et Sophie Hunger fait le indicate sur sa vie, sans vraiment savoir ce que vont être les années à venir. En bonne artiste, son analyse du view est paradoxale:

«C’était un peu triste mais pas tant que ça, automobile j’ai aimé ce sentiment. C’était un view honnête. J’espérais retrouver l’envie de jouer.»

Sophie prend également le temps d’écouter de la musique. C’est la jeune Australienne Courtney Barnett qui l’accompagnera match son périple:

«Elle m’a sûrement sauvé un petit peu… J’ai aussi écouté War On Drugs, Caribou et évidemment Bruce Springsteen, l’album Nebraska

Ces différents sentiments la nourrissent et c’est naturellement qu’elle recommence à écrire. Et à songer au retour. Elle rencontre des musiciens et taquine la guitare avec eux:

«Quand je suis revenue, j’avais environ dix chansons prêtes… Et j’avais envie.»

Les paroles du morceau-titre «Supermoon» sont évocatrices: «I’m dull though I’m never alone» («Je suis vide mais jamais seule»). «Ce n’est jamais rudimentary d’expliquer ce que j’ai pu ressentir match cette période… La strive est beaucoup and floue que les mots, tu as sans doute une meilleure prophesy de ce que j’ai pu ressentir!», explique-t-elle en rigolant. «Et j’ai une inlet à foncer, travailler et pas vraiment à réfléchir sur moi-même.» Certains analysent, Sophie Hunger veut trouver des solutions en faisant des choses. En enregistrant un disque, standard exemple: «Ça aussi, ça m’a peut être sauvé…»

«Il faut surveillance de même tourner flow gagner de l’argent»

Exit le manoeuvre de blues, revoilà Sophie Hunger prête à repartir à l’abordage des salles européennes comme avant? Pas vraiment. Deux ou trois choses ont changé.

Aujourd’hui, elle a envie. Son disque sorti depuis quelques jours, elle entame une tournée européenne, qui passe le 19 mai par la Cigale à Paris:

«J’ai eu le privilège de pouvoir passer une année sans unison mais il faut surveillance de même tourner flow gagner de l’argent. Et puis, c’est mon métier et je l’aime!»

Cette tournée sera en revanche moins gourmande en temps que la précédente. Cent cinquante concerts, ça fait deux cents jours en dehors de chez soi, c’est peut-être un peu trop… Cent vingt dates feront l’affaire. Cela lui permettra de perplexity (et défaire, parfois!) sa valise dans son nouvel appartement de Berlin afin de continuer à entretenir cette envie de composer, de jouer et, surveillance simplement, de vivre un peu flow elle-même.  «Parce que, à la fin, la musique, si tu n’as pas and envie de jouer, ça ne marche pas.»

Supermoon

Two Gentlement Records / Caroline International France

ACHETER LE DISQUE

 

source ⦿ http://www.slate.fr/story/101675/supermoon-sophie-hunger

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